Le Lactarium de Marmande

 

 

 Les 7 Principes de la Croix-Rouge Française : HUMANITÉ - IMPARTIALITÉ - NEUTRALITÉ - INDÉPENDANCE - VOLONTARIAT - UNITÉ - UNIVERSALITÉ

 

 

 

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Guide des bonnes pratiques du 05 janvier 2008

Relatif aux conditions techniques de fonctionnement des lactariums

 

ARRETE DU 10 FEVRIER 1995

Relatif aux conditions techniques de fonctionnement des lactariums

 

 

Circulaire DGS/SP 2 n° 97-785 du 16 décembre 1997

 

relative au don de lait personnalisé d'une mère à son enfant hospitalisé et rappel des dispositions en vigueur en matière d'allaitement maternel

 

ARRETE DU 18 MARS 2009

Fixant le prix de vente et de remboursement du lait humain

 

 ARRETE DU 20 MARS 2008

Fixant le prix de vente et de remboursement du lait humain

 

ARRETE DU 1er FEVRIER 2002

Fixant le prix de vente et de remboursement du lait humain

 

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ANNEXE du 3 décembre 2007 (JO du 05 janvier 2008)

GUIDE DE BONNES PRATIQUES DE FONCTIONNEMENT DES LACTARIUMS (ANNEXE DE L’ARRÊTE SUR LE FONCTIONNEMENT DES LACTARIUMS)

5 janvier 2008 JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Texte 22 sur 165

Décrets, arrêtés, circulaires

TEXTES GÉNÉRAUX

MINISTÈRE DE LA SANTÉ, DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS

Décision du 3 décembre 2007 définissant les règles de bonnes pratiques prévues à l’alinéa 3 de l’article L. 2323-1 du code de la santé publique

NOR : SJSM0722015S

Le directeur général de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé,

Vu le code de la santé publique, notamment ses articles L. 2323-1, L. 5311-1 (8o) et R. 2323-1, 2, 3 et 4,

Décide :

Art. 1er. − Les règles de bonnes pratiques de collecte, de préparation, de qualification, de traitement, de conservation, de distribution et de délivrance sur prescription médicale du lait humain par les lactariums sont définies en annexe de la présente décision.

Art. 2. − Les lactariums disposent d’un délai de douze mois à compter de la publication de cette décision au Journal officiel de la République française pour se mettre en conformité.

Art. 3. − Le directeur de l’inspection et des établissements est chargé de l’exécution de la présente décision, qui sera publiée au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 3 décembre 2007.

J. MARIMBERT

A N N E X E

RÈGLES DE BONNES PRATIQUES DE COLLECTE, DE PRÉPARATION, DE QUALIFICATION, DE TRAITEMENT, DE CONSERVATION, DE DISTRIBUTION ET DE DÉLIVRANCE SUR PRESCRIPTION MÉDICALE DU LAIT HUMAIN PAR LES LACTARIUMS

PRÉAMBULE

La présente décision a pour objectif de définir les règles de bonnes pratiques en matière de collecte, de préparation, de qualification, de traitement, de conservation, de distribution et de délivrance sur prescription médicale du lait humain visant à garantir la qualité et la sécurité du lait humain délivré ou distribué par les lactariums.

Ces dispositions sont mises en œuvre sans préjudice du respect des obligations à définir dans l’arrêté du ministre chargé de la santé, relatif aux conditions de fonctionnement et d’organisation des lactariums pris en application de l’article L. 2323-1 du code de la santé publique.

Les règles décrites dans cette décision contribuent, en intégrant une démarche qualité à toutes les étapes, à l’amélioration des services liés aux activités des lactariums.

Ces règles sont applicables au lait humain provenant de dons anonymes et aux dons personnalisés.

GLOSSAIRE

Assurance de la qualité : large concept qui couvre tout ce qui peut, individuellement ou collectivement, influencer la qualité d’un produit. Elle représente l’ensemble des mesures prises pour s’assurer que le lait contrôlé ait la qualité requise pour l’usage auquel il est destiné.

Audit : examen méthodique, indépendant et documenté, dont le but est de déterminer si les procédures et les résultats relatifs à la qualité sont de nature à permettre l’atteinte des objectifs fixés.

Contrôle : ensemble d’opérations visant à déterminer la conformité du produit aux exigences spécifiques.

Décontamination : opération permettant de supprimer les micro-organismes indésirables. C’est le premier traitement à effectuer sur les objets et matériels souillés dans le but d’éliminer les micro-organismes et de faciliter le nettoyage et la stérilisation ultérieurs.

Délivrance : mise à disposition sur prescription médicale en vue de l’administration à un nouveau-né.

Distribution : fourniture à un service de soins d’un établissement de santé ou à un autre lactarium.

Donneuse : toute candidate au don pour laquelle du lait a été collecté même si le don a été écarté à la suite des tests sérologiques, d’une information post-don ou des analyses biologiques du lait.

Don anonyme : don de lait d’une mère à un autre enfant que le sien.

Don personnalisé : don de lait d’une mère à son propre enfant.

Dossier de la donneuse : comporte les éléments d’identification de la donneuse et l’ensemble des résultats des analyses biologiques et des tests de dépistage.

Dossier de lot : comporte toutes les informations relatives à la préparation, au traitement, au conditionnement et aux contrôles du lot préparé. Ce dossier porte le numéro du lot.

Enregistrement : document présentant des résultats obtenus ou la preuve de la réalisation d’une activité.

Informatisation : mise en place d’un système informatique comprenant la saisie des données, le traitement électronique et la sortie d’informations destinées à être utilisées à des fins de contrôle automatique, de bilans, ou de traçabilité.

Libérer/libération : processus qui permet de lever la quarantaine soit des dons de lait collectés pour leur traitement, soit des lots de lait traités pour leur délivrance ou leur distribution, après décision de leur conformité.

Lot : quantité définie de lait préparé en une opération ou en plusieurs opérations, telle qu’elle puisse être considérée comme homogène. Sauf cas particulier, il est souhaitable que la taille du lot soit limitée au volume de 4 litres.

Lyophilisation : procédé de transformation d’une solution liquide en poudre.

Maintenance : ensemble d’actions maintenant ou rétablissant une entité dans un état lui permettant d’accomplir une fonction attendue.

Management de la qualité : activités coordonnées visant à diriger et à contrôler une organisation en matière de qualité.

Mode opératoire : description détaillée de la façon de réaliser une activité.

Non-conformité : défaut observé ou rapporté, relatif aux activités et aux produits.

Pasteurisation : méthode de stérilisation par la chaleur discontinue permettant d’inhiber les micro-organismes dans un produit peu contaminé.

Personne habilitée : personne possédant les qualifications requises par les lois et règlements et reconnue par son responsable fonctionnel, capable d’accomplir les tâches qui lui sont confiées.

Procédure : manière spécifiée d’effectuer une activité.

Qualification : opération destinée à démontrer qu’un appareil ou matériel fonctionne correctement et donne les résultats attendus. Pour le personnel, la qualification correspond à la formation acquise et requise par la réglementation en vigueur. Elle est entretenue par la formation interne ou externe à laquelle le personnel est tenu de participer.

Quarantaine : isolement physique ou par d’autres moyens efficaces des dons collectés et des lots de laits traités dans l’attente d’une décision sur leur conformité ou leur non-conformité.

Retour : renvoi d’un flacon de lait au lactarium, que le produit présente ou non un défaut de préparation.

Sous-lot : mélange de dons provenant d’une même donneuse et destinés à entrer dans la composition d’un lot de lait.

Stérilisation : opération qui a pour but de supprimer d’un objet ou d’un produit tout micro-organisme vivant qui le contamine.

Traçabilité : possibilité, à partir d’une identification enregistrée, de retrouver l’historique, l’utilisation ou la localisation d’un lait à toutes les étapes de sa collecte, de sa préparation et de sa distribution. La traçabilité d’un lot de lait désigne l’établissement du lien entre la donneuse, le don, le lot délivré ou distribué, l’acheminement et le devenir.

Validation : opération permettant d’apporter la preuve que les résultats escomptés ont été obtenus dans des conditions techniques satisfaisantes.

CHAPITRE Ier

Personnel

La mise en place et le maintien d’un système satisfaisant de management de la qualité du lait maternel reposent sur l’ensemble du personnel sous la responsabilité du médecin responsable du lactarium. Pour cette raison, il est nécessaire de disposer d’un personnel qualifié et en nombre suffisant pour mener à bien toutes les tâches qui lui incombent.

Un organigramme nominatif du lactarium détaillant les différentes activités doit être établi. Les missions et fonctions individuelles doivent être clairement définies et décrites par écrit. L’étendue des fonctions et missions conférées à une seule personne ne doit pas entraîner de risque pour la bonne exécution de celles-ci. Les personnels d’encadrement s’assurent de la qualification requise et de la formation initiale du personnel. Le personnel reçoit une formation théorique et pratique d’adaptation à l’emploi lui permettant d’être habilité aux tâches qui lui sont confiées. Cette formation doit notamment porter sur les règles de bonnes pratiques, les mesures d’hygiène et de sécurité concernant le personnel et le lait humain.

Une formation continue doit être assurée pour maintenir les compétences du personnel et son efficacité. Le personnel doit être périodiquement évalué afin que l’habilitation aux tâches soit renouvelée. Des documents attestant des formations suivies par le personnel doivent être tenus à disposition.

CHAPITRE II

Locaux et matériel

1. Locaux

Les locaux doivent être situés, conçus, construits, adaptés, entretenus et nettoyés de façon à convenir aux opérations à effectuer. Ils doivent être disposés selon l’ordre logique des opérations de traitement du lait et selon les niveaux de propreté appropriée. L’éclairage, la température, l’humidité et la ventilation doivent être appropriés afin de ne pas affecter, directement ou indirectement le produit durant son conditionnement et son traitement.

2. Matériel

Le matériel doit être conçu, installé, maintenu, entretenu et nettoyé en fonction de son utilisation et en vue de minimiser les risques. Il répond aux normes de sécurité et de protection du personnel. Son nettoyage fait l’objet de modes opératoires. Les appareils destinés à des opérations essentielles pour la qualité ou la sécurité du lait maternel (congélateur, pasteurisateur, lyophilisateur, poste de sécurité microbiologique, par exemple) doivent avoir fait l’objet d’une qualification, revue de façon périodique.

La qualification du matériel consiste à démontrer qu’il fonctionne correctement et donne réellement les résultats attendus. Elle est obligatoire en cas de nouveau matériel, après réparation ou déplacement.

L’entretien régulier et le nettoyage du matériel constituent une condition essentielle de la qualité du lait délivré ou distribué.

Une liste du matériel qualifié est établie et pour chaque appareil, un carnet de vie est mis en place ; ce carnet comprend les éléments relatifs à l’identification, à l’entretien et aux opérations de maintenance du matériel. En cas de panne d’un matériel critique, le fonctionnement en mode dégradé est défini dans une procédure.

La température de pasteurisation est contrôlée pendant toute la durée de la pasteurisation et l’enregistrement de ces contrôles est signé et conservé avec la référence et le numéro des lots de lait correspondants.

Les enceintes de conservation (réfrigérateurs, congélateurs, chambres froides) doivent être de taille suffisante et conçues pour permettre de bonnes conditions de conservation ainsi qu’un stockage ordonné. Elles doivent être propres, nettoyées selon des procédures écrites et maintenues dans les limites de température définies. Un système de contrôle régulier de la température et des alarmes doit être mis en place et régulièrement vérifié.

Les flacons de lait maternel en quarantaine sont conservés dans des zones séparées clairement identifiées.

CHAPITRE III

Système de management de la qualité

Le système de management de la qualité comprend : l’assurance de la qualité, le contrôle de la qualité, le recueil et l’analyse des non-conformités et le contrôle du système par un dispositif d’audit ou d’autoévaluation.

Ce système couvre tout ce qui peut individuellement ou collectivement influencer la qualité d’un produit. En particulier, l’assurance de la qualité représente l’ensemble des mesures prises pour assurer que le produit (lait distribué ou délivré) soit de qualité requise pour l’usage auquel il est destiné. Les exigences fondamentales du système qualité reposent sur des installations adéquates, du personnel formé et des procédures agréées pour la collecte, la préparation et la qualification des dons (contrôles biologiques), le traitement, la conservation et la délivrance ou la distribution du lait maternel.

La réalisation de l’objectif d’amélioration de la qualité engage la responsabilité de la direction et celle du médecin responsable du lactarium. Elle requiert la participation et l’engagement du personnel à tous les niveaux.

Tout lactarium doit disposer d’un système de management de la qualité adapté, sous la responsabilité du médecin responsable du lactarium ou d’une personne compétente qu’il aura désignée.

Le système qualité mis en place doit être évalué lors de réunions périodiques avec la direction. Un bilan annuel permettra d’évaluer les actions entreprises et de définir les nouveaux objectifs.

1. Documentation

La documentation est un élément essentiel de l’assurance de la qualité. Elle est composée de documents internes, principalement : procédures, modes opératoires, formulaires et enregistrements, et de documents externes (textes réglementaires et notices matériel par exemple).

Des enregistrements clairs évitent les erreurs inhérentes aux communications verbales et permettent de retracer l’historique des opérations. Les lactariums doivent recueillir et conserver les informations qui permettent d’assurer la traçabilité du lait maternel délivré ou distribué.

La documentation doit être actualisée et accessible au personnel qui en a l’utilité. Toute modification significative des documents doit être contrôlée, datée et approuvée par la personne autorisée à accomplir cette tâche. Tout document qui a une influence sur la qualité et la sécurité du lait maternel doit être vérifié, puis validé par le médecin responsable du lactarium, avant sa mise en œuvre.

Les procédures opératoires concernent au minimum les opérations suivantes :

– sélection des donneuses ;

– collecte du lait maternel ;

– conditions de transport du lait maternel ;

– pasteurisation du lait maternel ;

– contrôles biologiques du lait maternel ;

– nettoyage des locaux et du matériel ;

– conditions de conservation du lait maternel ;

– délivrance/distribution du lait maternel ;

– recueil et analyse des non-conformités ;

– rappels de lots de lait maternel.

2. Système informatique

L’informatisation permet d’automatiser le transfert d’information et de réduire ainsi les erreurs et la pénibilité des saisies manuelles.

Les risques inhérents aux systèmes informatiques concernent la sécurité en termes d’accès et la disponibilité des données. Dans ce cadre, les exigences suivantes devront être respectées :

– les données informatiques ne sont introduites, transférées, modifiées ou détruites que par des personnes autorisées ;

– une procédure est établie pour l’octroi, le retrait et le niveau d’autorisation d’introduire, de transférer, de modifier ou de détruire les données, y compris pour la modification des mots de passe personnels ;

– le système permet un contrôle de saisie des données. Le système enregistre l’identité des opérateurs qui introduisent, transfèrent, modifient ou détruisent toute donnée. Toute modification de données est tracée ;

– les données sont protégées contre les dommages accidentels ou volontaires ; – le système doit être capable de restituer en clair tous les transferts, entrées, modifications et destructions de données ;

– les procédures de sauvegarde et de restauration sont régulièrement soumises à un contrôle de fiabilité. Une procédure prévoit le fonctionnement en mode dégradé en cas de panne partielle ou totale du système informatique. Lorsque l’informatisation est impossible, des procédures spécifiques précisent les modalités techniques d’enregistrement des données.

3. Contrôle de la qualité

Le contrôle de la qualité a pour objet de vérifier et garantir la conformité des produits et des méthodes à des spécifications préétablies ou à un cahier des charges. Le contrôle de la qualité concerne l’ensemble des produits, les consommables, les réactifs, les locaux et matériels entrant dans le processus de collecte, de préparation, de qualification, de traitement et de conservation du lait maternel.

Le contrôle de la qualité comprend la mise en œuvre des contrôles, l’analyse des résultats et la conclusion d’acceptation ou de refus des dons de lait. Il comprend aussi les méthodes de contrôle et leur validation, ainsi que la mise en œuvre de dispositions qui garantissent que les contrôles nécessaires ont bien été effectués.

Les contrôles effectués en zone de préparation ou de traitement doivent être réalisés selon des procédures.

Le contrôle à réception des consommables et des réactifs doit être documenté. Les données relatives au produit contrôlé, à la réalisation des contrôles, aux résultats obtenus et aux décisions d’acceptation ou de refus doivent être enregistrées.

Les résultats des contrôles doivent être disponibles rapidement afin de permettre, le cas échéant, l’application de mesures correctives adaptées ou le blocage et le retrait du produit.

4. Gestion des non-conformités

Pour assurer l’amélioration du système, le lactarium doit recueillir les non-conformités, les évaluer et mettre en œuvre les actions appropriées (action curative immédiate et/ou action corrective après analyse du défaut observé) et assurer leur suivi.

5. Auto-évaluation/audit

L’auto-évaluation/audit fait partie du système d’assurance de la qualité et doit être réalisée selon une périodicité définie en vue de contrôler la mise en œuvre et le respect des règles de bonnes pratiques et de proposer les mesures correctives nécessaires. Ces pratiques doivent faire l’objet de comptes-rendus.

CHAPITRE IV

Collecte des dons de lait maternel

1. Accueil des donneuses

L’accueil permet d’établir entre la donneuse et l’équipe chargée du recueil du lait humain un climat de confiance réciproque.

A. – L’entretien d’information

Lors de l’accueil, un entretien d’information a lieu avec la donneuse, sous la responsabilité d’un médecin, d’une sage-femme ou d’une infirmière désigné par le médecin responsable du lactarium. Cet entretien a pour objectif de sensibiliser et de responsabiliser la candidate au don aux risques potentiels de maladies transmissibles par le lait maternel, à l’importance des risques liés à la prise de médicaments et des mesures d’hygiène à respecter lors du recueil du lait pour le don. La donneuse est informée des dispositions réglementaires sur les tests de dépistages obligatoires avant le don. Lors de l’accueil de la donneuse, cette information est complétée par la remise de documents explicatifs clairs. A l’issue de cet entretien, une identification de la candidate au don est effectuée.

B. – L’identification de la donneuse

L’identification de la donneuse requiert les informations suivantes :

– nom de jeune fille et nom marital pour les femmes mariées ;

– prénom(s) ;

– date et lieu de naissance (ville, département, pays) ;

– date et lieu de l’accouchement ;

– adresse personnelle complète ;

– numéro de téléphone personnel, et professionnel, s’il y a lieu.

Ces informations sont contrôlées et confirmées lors de chaque collecte de lait. A l’occasion du premier don, un code d’identification est attribué à la donneuse. Une procédure d’affectation de ce code est établie de façon à garantir son caractère unique et non réutilisable.

C. – Les documents médico-administratifs

Les éléments d’identification sont consignés dans le dossier de la donneuse où figurent également :

– le questionnaire pré-don ;

– les résultats des analyses biologiques ;

– les tests de dépistage effectués à l’occasion du premier don ;

– les renouvellements éventuels de ces analyses biologiques et de ces dépistages. Dans la mesure où les informations recueillies auprès des donneuses constituent des données à caractère personnel, l’avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) devra être requis conformément aux dispositions de la loi no 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.

Le dossier de la donneuse est consulté, vérifié et complété lors de chaque don sous la responsabilité du médecin du lactarium, afin de permettre la traçabilité du don.

Une liste des personnes habilitées à consulter ou à modifier les informations du dossier de la donneuse est établie afin d’assurer la confidentialité des données contenues dans ce dossier. Par ailleurs, une procédure sera établie afin de préciser les règles d’utilisation de ces données.

2. Qualification des donneuses

La partie IV-2 n’est pas applicable aux dons personnalisés.

La sélection des donneuses a pour objet la recherche des contre-indications médicales au don de lait maternel dans le souci de protection à la fois de la donneuse et du nouveau-né receveur. Cette recherche passe par un entretien médical et des dépistages obligatoires lors du premier don.

A. – L’entretien médical

Les donneuses sont sélectionnées à l’issue d’un entretien médical qui vise à détecter les facteurs de risques, à savoir :

– usage de drogues par voie intraveineuse ;

– relations à risques de la donneuse ou de son partenaire ;

– infections sexuellement transmissibles ;

– antécédent de transfusion de produits sanguins labiles et d’intervention chirurgicale ayant pu occasionner une transfusion ;

– antécédent de transplantation de tissus ou d’organes ;

– antécédent de neurochirurgie ;

– antécédent d’insémination artificielle sans contrôle préalable du donneur ;

– dialyse rénale ;

– antécédent de traitement par des hormones hypophysaires extractives avant 1986 et antécédents personnels ou familiaux de maladie neurovégétative ;

– voyage et/ou séjour au Royaume-Uni supérieur à 1 an cumulé dans la période du 1er janvier 1980 au 31 décembre 1996.

Un questionnaire pré-don est renseigné par la candidate au don de lait de manière à obtenir les renseignements indispensables à la sélection des donneuses. Il est remis par la candidate au don de lait au médecin ou à la sage-femme qui évalue au cours de l’entretien médical l’aptitude au don et s’assure que celui-ci n’est pas susceptible de nuire à la santé de la donneuse ou à celle de l’enfant.

Les tests de dépistage de maladies transmissibles sont proposés aux donneuses au cours de cet entretien. Cet entretien prend également en compte d’autres facteurs de risque tels que le tabagisme, l’alcoolisme, la toxicomanie, la prise de médicaments.

L’obligation des examens sérologiques après consentement éclairé de l’intéressée s’applique aux mères faisant un don généreux pour d’autres enfants soit pendant leur séjour à la maternité, soit lorsque la donneuse est à son domicile. Dans ce dernier cas, la donneuse confie aux collectrices ou collecteurs du lactarium un prélèvement de sang étiqueté avec son identité, l’identité de la personne qui a effectué le prélèvement et la date du prélèvement.

B. – Les tests de dépistage de maladies transmissibles

Ces actes sont réalisés sur ordonnance médicale. L’ordonnance médicale est rédigée soit par les médecins responsables des lactariums, soit par les médecins prescripteurs de l’établissement où la femme a accouché, soit par les médecins de l’établissement où l’enfant est hospitalisé, soit par les médecins traitants lorsque la donneuse est à son domicile.

Les tests de dépistage de maladies transmissibles sont pris en charge par les lactariums. Les analyses biologiques à réaliser sur les prélèvements sanguins effectués lors du don de lait sont fixées par les textes réglementaires en vigueur.

C. – Les critères de sélection de la donneuse

Le lait ne peut être utilisé par le lactarium qu’en l’absence de facteurs de risques décelés lors de l’entretien médical avec la donneuse et si les résultats des tests de dépistage des maladies transmissibles sont négatifs.

Le médecin responsable du lactarium, ou un médecin désigné par lui, s’assure avant toute utilisation du don que les résultats des analyses précitées sont négatifs et revêt de son visa la feuille d’analyses. En cas de résultat positif d’un test de dépistage, le médecin responsable du lactarium, en liaison avec le médecin de l’établissement où la femme a accouché, confronte les résultats avec ceux du début de la grossesse. Il en informe la femme et l’incite à consulter son médecin traitant.

Le médecin responsable veille à la destruction des dons lorsque les tests de dépistage sont positifs, selon une procédure définie respectant la réglementation applicable à l’élimination des déchets potentiellement contaminés.

3. Conditions de collecte du lait

Le recueil est une étape essentielle pour garantir la qualité ultérieure du lait.

Le lactarium fournit des consignes écrites aux donneuses sur les règles d’hygiène à respecter au moment du recueil, sur le matériel à utiliser pour le recueil et sur les règles de conservation du lait y compris les exigences de propreté (nettoyage et décontamination) du réfrigérateur.

Le lait est recueilli selon les règles d’hygiène précitées, et conservé au domicile de la donneuse dans des conditions strictes de température et de délai fixées par le lactarium.

La donneuse s’engage par écrit à respecter ces règles d’hygiène avant le recueil de son lait.

Elle devra signaler dans les plus brefs délais les anomalies susceptibles de nuire à la qualité et à la sécurité des dons de lait.

Les non-conformités devront être analysées et traitées par le lactarium, en particulier pour éviter l’incidence sur des produits non encore utilisés.

Le personnel affecté à la collecte devra s’assurer régulièrement de l’application des consignes.

Des biberons stériles sont fournis par le lactarium avec le matériel pour le recueil du lait (tire-lait). Les biberons sont pré-étiquetés ou accompagnés d’étiquettes accolées. Le matériel à usage unique doit être privilégié.

Tout matériel en contact avec la peau ou le lait est lavé et décontaminé systématiquement dans les conditions fixées par le lactarium.

Aussitôt le lait recueilli, le biberon est bouché et placé le plus rapidement possible au congélateur. Si la congélation est différée, le délai de conservation au réfrigérateur à une température de 0 à + 4 °C, ne doit pas excéder 48 heures.

Un biberon ne sert que pour un seul recueil ; il ne faut jamais mélanger le lait qui vient d’être recueilli avec du lait déjà refroidi. Plusieurs recueils de la même journée peuvent être mélangés après refroidissement.

Chaque biberon porte toutes les indications permettant d’identifier la donneuse, la date de recueil du lait et l’indication des médicaments éventuellement pris par la donneuse.

CHAPITRE V

Préparation

La préparation inclut les étapes de constitution des sous-lots et des lots de lait avant la pasteurisation. Tous les dons de lait d’une même donneuse sont regroupés en un sous-lot clairement identifié. Les lots de lait sont constitués au maximum de 6 sous-lots conformes.

Les opérations de préparation doivent suivre des instructions et des procédures bien définies. A chaque étape de la préparation, le produit doit être protégé des contaminations microbiennes extérieures et autres.

Avant le début de la préparation, il convient de vérifier que les zones de travail et le matériel utilisé sont propres.

Pour la préparation des dons de lait personnalisés, le lactarium doit prendre des mesures pour éviter tout risque d’erreurs.

CHAPITRE VI

Qualification biologique des dons de lait maternel

Tout lait collecté est qualifié avant traitement et pasteurisation.

La qualification biologique des dons de lait comprend les analyses bactériologiques et le contrôle d’authenticité par analyse immunologique. Ces analyses sont pratiquées systématiquement afin de mettre en évidence toute altération de la qualité du lait.

Chaque lot de lait fait obligatoirement l’objet d’analyses biologiques systématiques.

Il est recommandé d’effectuer la recherche de la flore globale sur chaque sous-lot constitué pour une donneuse.

Les analyses biologiques du lait sont effectuées sous la responsabilité d’un biologiste qui s’assure de la validation des techniques et des résultats.

En cas de transport des échantillons pour les contrôles, le biologiste s’assure aussi des conditions d’acheminement (notamment la température et les délais).

1. Contrôle d’authenticité

La détection des protéines de lait de vache est réalisée sur chaque lot à l’aide d’un test immunologique validé, pour lequel le seuil de sensibilité devra être défini. En cas de non-conformité, le lait est détruit et des investigations menées par le lactarium.

2. Analyses bactériologiques

A. – Analyses à effectuer sur les sous-lots et les lots

Lorsque le sous-lot constitué par les dons d’une même donneuse, fait l’objet d’un contrôle bactériologique systématique, l’examen consiste en une numération de la flore totale aérobie sur gélose au sang après incubation pendant 24 heures à 37 °C ; la dilution du lait à effectuer étant fonction de la méthode d’ensemencement choisie par le biologiste.

En attendant les résultats de ce contrôle, le lait est placé en quarantaine à + 4 °C.

Les sous-lots sont déclarés non conformes si la flore totale aérobie après 24 heures d’incubation à 37 °C, est égale ou supérieure à 106 bactéries par millilitre.

Tout sous-lot non conforme est détruit par le lactarium qui reprend contact avec la donneuse pour rechercher l’origine de la contamination.

Les sous-lots conformes sont regroupés en lots et chaque lot fait l’objet des contrôles bactériologiques suivants avant d’être conditionné en flacons et pasteurisé :

– une numération de la flore totale aérobie sur gélose au sang après 48 heures d’incubation à 37 °C ;

– une recherche et une numération des germes Staphylococcus coagulasse positif sur milieu de Chapman après 48 heures d’incubation à 37 °C.

La dilution du lait à effectuer est fonction de la méthode d’ensemencement choisie par le biologiste de manière à détecter les seuils ci-après définis.

Les lots sont déclarés non conformes si :

– la flore aérobie est égale ou supérieure à 106 bactéries par millilitre ;

– ou si le nombre de germes Staphylococcus coagulasse positif est égal ou supérieur à 104 bactéries par millilitre.

B. – Analyses à effectuer sur les lots uniquement

Lorsque les sous-lots ne sont pas systématiquement contrôlés, le lot fait l’objet des mêmes contrôles bactériologiques avant d’être conditionné en flacons et pasteurisés.

Dans ce cas, les lots sont déclarés non conformes si :

– la flore aérobie est égale ou supérieure à 105 bactéries par millilitre ;

– ou si le nombre de germes Staphylococcus coagulasse positif est égal ou supérieur à 104 bactéries par millilitre.

Dans tous les cas, en attendant les résultats des contrôles bactériologiques, le lait est conservé à + 4 °C pendant 48 heures ou pasteurisé immédiatement, congelé et placé en quarantaine jusqu’à la preuve de sa conformité.

Les lots de lait non conformes sont détruits par le lactarium.

CHAPITRE VII

Traitement du lait maternel

1. Pasteurisation

Les lots de lait sont traités par pasteurisation à + 62,5 °C pendant trente minutes.

Le lait est ensuite refroidi à + 4 °C le plus rapidement possible, dans un délai compatible avec le maintien de sa qualité, et congelé.

2. Contrôle après pasteurisation

Un dernier contrôle bactériologique est effectué après pasteurisation, par ensemencement de 0,5 ml de lait non dilué sur une gélose au sang et incubation pendant 48 heures à 37 °C.

Tout lot dont le contrôle après pasteurisation est positif est détruit.

La destruction des sous-lots et des lots non conformes est effectuée en respectant la réglementation applicable à l’élimination des déchets potentiellement contaminés.

Une analyse documentée est réalisée afin de trouver les causes de contaminations répétées.

Après pasteurisation et refroidissement et dans l’attente des résultats de contrôle, les flacons de lait sont mis en quarantaine. Ils peuvent être soit conservés à + 4 °C au maximum 48 heures et congelés à – 18 °C, soit congelés immédiatement à – 18 °C.

Seuls les flacons de lait des lots déclarés conformes peuvent être libérés pour la délivrance et la distribution ou acceptés pour la lyophilisation.

3. Lyophilisation

Le traitement du lait peut inclure une étape supplémentaire de lyophilisation qui sera effectuée après la pasteurisation et l’obtention des résultats des contrôles bactériologiques. Des contrôles supplémentaires seront définis selon le procédé et le conditionnement utilisé de manière à assurer la qualité et la sécurité du produit fini.

4. Etiquetage

L’étiquetage des lots de lait humain doit être effectué aussi rapidement que possible après la pasteurisation ou la lyophilisation ; le cas échéant, une procédure appropriée doit être mise en œuvre afin d’éviter les risques d’erreurs.

Tous les flacons doivent être étiquetés. L’étiquette comporte l’identification du lactarium, la date de la pasteurisation, le numéro du lot et la date limite de consommation.

CHAPITRE VIII

Conservation du lait maternel

Dans l’attente des demandes, les flacons de lait congelés et libérés pour la distribution ou la délivrance sont stockés dans des enceintes de conservation appropriées ou dans des zones de celles-ci, clairement identifiées et exclusivement réservées à cet effet.

Les flacons de lait issus de dons personnalisés sont stockés dans des zones qui leur sont dédiées.

Les durées de conservation des lots de lait libérés pour la délivrance et la distribution doivent être fixées de manière à garantir la qualité du lait.

CHAPITRE IX

Distribution, délivrance et transport du lait maternel

Le lait peut être délivré sur prescription médicale dans les services de néonatologie, dans les services de pédiatrie et à des enfants dont l’état le justifie.

Le lait peut être distribué à la demande des services hospitaliers précités ou d’un autre lactarium.

Le lactarium doit s’assurer que le bon de commande est bien validé et doit enregistrer les dates de distribution, les numéros des lots distribués et l’identification du service destinataire, de même qu’il doit s’assurer des bonnes conditions de transport vers les destinataires lorsqu’il en a la responsabilité.

L’aspect du produit, l’intégrité du contenant et de l’étiquetage doivent être contrôlés lors de la distribution ou de la délivrance.

Aucun flacon de lait congelé ne pourra être retourné au lactarium après sa délivrance ou sa distribution.

Les flacons de lait lyophilisé peuvent être remis en stock après contrôle et vérification de l’intégrité du flacon.

La gestion de la délivrance doit être effectuée de manière à permettre la traçabilité jusqu’au receveur. La durée et les conditions de conservation du lait doivent être conformes pour sa délivrance.

Lorsque le lait est distribué, la gestion doit être effectuée jusqu’au service destinataire qui en a fait la commande. Les modalités de distribution comportent : l’identification du service demandeur, la date de la commande et la quantité de lait souhaitée. Un bon de livraison accompagne les produits.

Le transport du lait, de la collecte à sa distribution ou à sa délivrance est assuré en respectant strictement la chaîne du froid.

La responsabilité du lactarium court jusqu’à la réception du produit par le destinataire lorsqu’il en assure le transport. Lorsque les opérations d’acheminement sont assurées par le destinataire ou par son prestataire, celui-ci en est responsable. Il s’assure que les conditions de transport répondent aux exigences réglementaires.

CHAPITRE X

Archivage

L’ensemble des documents doit permettre de retracer l’historique de chaque lot de lait maternel délivré ou distribué. Tous les documents sont conservés par le lactarium, conformément à la réglementation en vigueur.

1. Documents concernant la donneuse

Ces documents sont constitués par le dossier de la donneuse (voir glossaire).

2. Documents concernant le lait délivré ou distribué

Les documents concernant le lait maternel délivré ou distribué sont constitués par le dossier de lot.

Ce dossier de lot comporte :

– les documents décrivant la constitution et les contrôles du lot de lait maternel ;

– le nombre et l’identification des sous-lots constituant le lot (identité des donneuses, dates des dons, résultats des contrôles des sous-lots) ;

– les résultats des contrôles immunologiques et bactériologiques avant pasteurisation ;

– les résultats du contrôle bactériologique après pasteurisation ;

– l’enregistrement des paramètres de pasteurisation et le diagramme de lyophilisation ;

– tous les documents montrant le devenir du lait maternel, notamment, les prescriptions médicales ou les bons de commande.

Le dossier doit être conçu en vue de retracer l’historique complet d’un lot de lait. Les documents sont rédigés de façon claire et doivent être facilement accessibles. Ils doivent comporter les informations relatives à la conservation, à la délivrance ou à la distribution à d’autres services, et à la destruction éventuelle des lots de lait.

 

 

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ARRETE DU 10 FEVRIER 1995

Relatif aux conditions techniques de fonctionnement des lactariums

NOR : SANP9500662A

Le ministre délégué à la santé, porte-parole du Gouvernement, vu les articles L. 184 et L. 185 du code de la santé publique ; Sur proposition du directeur général de la santé,

Arrête :

Art. 1er – Les lactariums ont pour objet :
bullet

la collecte du lait de femme ;

bullet

le contrôle de son authenticité et de sa qualité ;

bullet

son traitement ;

bullet

son stockage ;

bullet

sa distribution sur prescription médicale .

Les modalités d’exécution de ces missions sont décrites dans le guide de bonnes pratiques annexé au présent arrêté.

Les lactariums participent à la promotion de l’allaitement maternel.

Art. 2 – Sont obligatoirement réalisés chez la donneuse les tests de dépistage de maladies transmissibles suivants :

Détection des anticorps anti-VIH 1 et anti -VIH 2 ;

Détection des anticorps anti-HTLV 1 et anti-HTLV II ;

Détection de l’antigène HBs ;

Détection des anticorps anti-HBc ;

Détection des anticorps anti-VHC.

Tous ces tests sont effectués indépendamment des dépistages qui ont pu être pratiqués pendant la grossesse. Pratiqués lors du premier don, ces tests sont renouvelés tous les trois mois pendant la durée du don du lait.

Art. 3 – Chaque lactarium est placé sous la responsabilité d’un médecin pédiatre ou gynécologue-obstétricien. La responsabilité technique des contrôles est assurée par un microbiologiste.

Lorsque le lactarium ne relève pas d’un établissement public, la direction administrative et financière est assurée par la personne désignée à cette fin, par l’acte autorisant le fonctionnement du lactarium.

Art. 4 – Les lactariums disposent d’un délai de six mois à compter de la publication du présent arrêté pour se conformer aux dispositions contenues dans son annexe.

Art. 5 – L’arrêté du 18 août 1983 fixant les conditions d’installation et de fonctionnement des lactariums est abrogé à compter de la date d’expiration du délai de six mois mentionné à l’article précédent.

Art. 6 – Le directeur général de la santé est chargé de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal Officiel de la République française.

Fait à Paris, le 10 février 1995

Philippe DOUSTE-BLAZY

 

 

ANNEXE du 10 février 1995

GUIDE DE BONNES PRATIQUES DE FONCTIONNEMENT DES LACTARIUMS (ANNEXE DE L’ARRÊTE SUR LE FONCTIONNEMENT DES LACTARIUMS)

PREAMBULE

Ce guide de bonnes pratiques en matière de recueil, de contrôles, de traitement, de stockage et de distribution du lait humain est élaboré pour des raisons de santé publique afin d’assurer la qualité du lait humain distribué et sa sécurité.

 

I – Le Personnel

La mise en place et le maintien d’un système d’assurance de qualité satisfaisant du lait humain reposent sur l’ensemble du personnel sous la responsabilité du médecin. Pour cette raison, il est nécessaire de disposer d’un personnel qualifié et en nombre suffisant pour mener à bien toutes les tâches qui lui incombent. Le personnel est formé pour toutes les tâches spécifiques qui lui sont confiées. Il dispose de vêtements protecteurs adaptés (blouses, coiffes, masques, etc).

Le personnel varie en nombre en fonction du volume d’activité du lactarium.

Il comprend :

bullet

Le médecin pédiatre ou obstétricien sous la responsabilité effective duquel sont effectuées toutes les opérations techniques. Celui-ci est aidé dans la coordination des activités du lactarium par un personnel spécialement formé et nommément désigné, de préférence sage-femme, puéricultrice, cadre infirmier, et à qui il délègue la responsabilité de certaines tâches techniques .

bullet

Des collectrices ou collecteurs chargés du recueil du lait auprès des donneuses et de leur information.

bullet

Un ou des techniciens de laboratoire, ou puéricultrice, ou auxiliaire de puériculture chargés de la préparation et du conditionnement du lait.

bullet

Des agents de service assurant l’entretien du matériel et des locaux.

En outre, quand les contrôles sur le lait ne sont pas réalisés par un laboratoire, il comprend un ou des techniciens de laboratoire, rattachés à un laboratoire de biologie médicale, chargés des contrôles et travaillant sous la responsabilité d’un microbiologiste.

Un organigramme précisera les fonctions et les responsabilités de chacun.

 

II – Locaux et matériel

Locaux :

Les locaux et le matériel sont adaptés aux opérations à effectuer. Leur plan, leur conception et leur agencement tendent à minimiser les risques d’erreurs et permettent un nettoyage, une désinfection et un entretien efficaces et fréquents.

Ils répondent à des exigences élémentaires pour la santé et la sécurité des donneuses et du personnel.

Ils sont de surface suffisante, chauffés, éclairés, ventilés et bien entretenus.

Ils comprennent au minimum :

  1. Une pièce d’accueil des mères donnant accès sur des vestiaires et sanitaires et comportant différentes zones permettant aux donneuses d’être reçues.

  2. Un local pour la réception du lait.

  3. Un local pour le conditionnement du lait conçu et utilisé de manière à éviter toute contamination extérieure.

  4. Un local pour la pasteurisation du lait et éventuellement la stérilisation du matériel si celle-ci est réalisée sur place.

  5. Un local de stockage comportant différentes zones : quarantaine, non conforme, conforme.

  6. Une laverie.

En outre, si les contrôles sont effectués dans le lactarium, un local convenablement équipé doit être réservé pour la réalisation de ces contrôles.

 

Matériel :

L’entretien régulier et le nettoyage du matériel est une condition essentielle de la qualité du lait distribué.

Le bon fonctionnement des réfrigérateurs, des congélateurs, des stérilisateurs et des pasteurisateurs est vérifié à intervalles réguliers selon une procédure définie.

La température de pasteurisation est contrôlée pendant toute la durée de la pasteurisation. L’enregistrement de ces contrôles est conservé, signé, avec la référence et le numéro du lot.

La température des congélateurs et des réfrigérateurs est également régulièrement contrôlée et relevée. La bonne exécution de ces contrôles est attestée par la signature de la personne qui l’a effectuée sur une fiche propre à chaque appareil.

 

III – Accueil des donneuses

L’accueil permet d’établir entre la donneuse et l’équipe chargée du recueil du lait humain un climat de confiance réciproque.

  1. L’information

  2.  

    Lors de l’accueil, un entretien d’information a lieu avec la donneuse, sous la responsabilité du médecin responsable du lactarium, qui l’informe sur les dispositions des nouveaux textes : en cas de don de lait, les dépistages du sida, de l’infection à HTLV et des hépatites B et C sont obligatoires. Elle reçoit des informations destinées à l’informer, à la sensibiliser et à la responsabiliser sur les risques de transmission de certains virus par le lait maternel et sur les risques liés à la prise de certains médicaments.

    A l’issue de cet entretien, une identification de la candidate au don est effectuée.

     

  3. L’identification

  4. L’identification de la donneuse passe par le recueil des informations suivantes :

    Nom de jeune fille et nom marital pour les femmes mariées,

    Prénoms,

    Date et lieu de naissance,

    Date et lieu de l’accouchement,

    Adresse personnelle complète,

    Numéro de téléphone : personnel et professionnel s’il y a lieu.

    Ces informations sont contrôlées et confirmées lors de chaque don.

    A l’occasion du premier don, un code d’identification est attribué à la donneuse. Une procédure d’affectation de ce code est établie de façon à garantir le caractère unique non réutilisable de chaque code.

     

  5. Les documents médico-administratifs

Les éléments d’identification sont consignés dans le dossier de la donneuse où figurent également les résultats des analyses biologiques et des tests de dépistage effectués à l’occasion du premier don et des renouvellements éventuels de ces analyses biologiques et de ces dépistages. S’agissant d’un fichier nominatif, qu’il soit ou non informatisé, l’avis de la C.N.I.L. est requis.

Le dossier de la donneuse est consulté, vérifié et complété lors de chaque don sous la responsabilité du médecin du lactarium, afin de permettre la traçabilité du don.

 

IV – Sélection des donneuses

La sélection des donneuses a pour objet la recherche des contre-indications médicales au don de lait maternel dans le double souci de protection du donneur et du receveur. Cette recherche passe par un entretien médical et des dépistages obligatoires lors du premier don.

  1. L’entretien médical

Les donneuses sont sélectionnées à l’issue d’un entretien médical qui vise à détecter les facteurs de risque, à savoir :

  1. Usage de drogues par voie intraveineuse,

  2. Rapports sexuels non protégés avec plus de deux partenaires,

  3. Rapports sexuels non protégés dans les zones à transmission hétérosexuelle prédominante ou avec un ou des partenaires ayant vécu dans ces région (Afrique subsaharienne, Caraïbes, Asie du Sud-Est),

  4. Maladies sexuellement transmissibles,

  5. Antécédent de transfusion de produits sanguins et d’intervention chirurgicale ayant pu occasionner une transfusion,

  6. Antécédent de transplantation de tissus ou d’organes,

  7. Antécédent d’insémination artificielle sans contrôle préalable du donneur,

  8. Dialyse rénale,

  9. Antécédent de traitement par des hormones hypophysaires extractives et antécédents personnels ou familiaux de maladie neuro-dégénérative.

Les tests de dépistage de maladies transmissibles sont proposés aux donneuses au cours de cet entretien, qui prend aussi en compte d’autres facteurs de risque (tabagisme, alcoolisme, toxicomanie, prise de médicaments).

L’obligation des examens sérologiques après consentement éclairé de l’intéressée s’applique aux mères faisant un don généreux pour d’autres enfants soit pendant leur séjour à la maternité, soit lorsque la donneuse est à son domicile. Dans ce dernier cas, la donneuse confie aux collectrices ou collecteurs du lactarium un prélèvement de sang étiqueté avec la date du prélèvement et l’identité de la mère.

  1. Les test de dépistage de maladies transmissibles

  2. Ces actes sont réalisés sur prescription médicale effectuée soit par les médecins responsables des lactariums, soit par les médecins prescripteurs de l’établissement où la femme a accouché, soit par les médecins de l’établissement où l’enfant est hospitalisé et sont pris en charge par les lactariums. En tout état de cause, aucun frais n’est demandé aux femmes candidates au don.

    Ils sont réalisés lors du premier don :

    Détection des anticorps anti-VIH 1 et anti-VIH 2,

    Détection des anticorps anti-HTLV 1 et anti-HTLV II,

    Détection de l’antigène HBs,

    Détection des anticorps anti-HBc,

    Détection des anticorps anti-VHC.

    Tous ces tests sont effectués indépendamment des dépistages qui ont pu être pratiqués pendant la grossesse. Ces dépistages, pratiqués lors du premier don, sont renouvelés tous les trois mois pendant toute la durée du don de lait.

    Pour la détection des anticorps anti-VIH 1, anti VIH 2 et anti-VHC, la détection doit être opérée par l’emploi de deux techniques.

     

  3. Les critères de sélection  

    Le lait ne peut être utilisé ou prélevé qu’en l’absence de facteurs de risques décelés dans l’entretien médical (cf. fiche IV, paragraphe 1).

    S’il n’est pas susceptible de nuire à la santé de la donneuse ou à celle de l’enfant,

    Si les résultats des tests de dépistage prévus à la fiche IV, paragraphe 2, sont négatifs.

      

  4. Résultat positif d’un test de dépistage

En cas de résultat positif d’un test de dépistage, le médecin responsable du lactarium, en liaison avec le médecin de l’établissement où la femme a accouché, confronte les résultats avec ceux du début de la grossesse. Il en informe la femme et l’incite à consulter son médecin traitant.

Le médecin responsable du lactarium s’assure – avant toute utilisation du don – que les résultats des analyses précitées sont négatifs et revêt de son visa la feuille d’analyse. Il veille à la destruction des dons lorsque les tests de dépistage sont positifs ou n’ont pu être réalisés selon une procédure définie respectant la réglementation applicable à l’élimination des déchets potentiellement contaminés.

V – Les conditions de recueil du lait

Le recueil est une étape essentielle pour garantir la qualité ultérieure du lait.

Le lait est recueilli selon des règles d’hygiène indiquées aux donneuses et conservé au domicile dans des conditions strictes de température et de délai fixées par le lactarium.

Le lactarium indique à chaque donneuse les précautions à prendre en vue de recueillir le lait dans les meilleures conditions ainsi que les règles pour la conservation du lait, y compris le nettoyage et la désinfection régulière du réfrigérateur. La donneuse s’engage à respecter ces règles d’hygiène avant le recueil de son lait. Le lactarium lui fournit par écrit la liste des conseils d’hygiène utiles ainsi que les règles pour la conservation de son lait.

Des flacons stériles et pré étiquetés sont fournis par le lactarium avec le matériel pour le recueil du lait (tire-lait). Tout autre mode de recueil doit rester exceptionnel (exemple : coquille). Tout matériel en contact avec la peau ou le lait est lavé et stérilisé systématiquement dans les conditions fixées par le lactarium.

Aussitôt le lait recueilli, le flacon est bouché et placé au réfrigérateur à une température de + 0° à + 4°. Un thermomètre est fourni pour le contrôle de cette température par le lactarium, sauf si le lait est congelé immédiatement après recueil. Ce flacon est mis au congélateur dès que le volume recueilli a atteint 200 ml et en tout cas au bout de vingt-quatre heures de séjour au réfrigérateur. Un flacon ne sert que pour un seul recueil et il ne faut jamais mélanger le lait qui vient d’être recueilli avec du lait déjà refroidi.

Chaque flacon porte toutes les indications permettant d’identifier la donneuse, la date et l’heure de recueil du lait et l’indication des médicaments éventuellement pris par la donneuse.

Le délai entre le moment du recueil et celui de la collecte ne dépasse pas quarante-huit heures si le lait est conservé entre 0° et + 4°C. Lorsque ce délai est supérieur, le lait est congelé par la donneuse suivant les indications données par le lactarium.

VI – Les contrôles physico-chimiques et bactériologiques

Tout lait recueilli est analysé. Les contrôles bactériologiques et physico-chimiques d’authenticité sont pratiqués systématiquement afin de mettre en évidence la qualité du lait et les germes pathogènes. En cas de transport des échantillons pour les contrôles, le microbiologiste s’assure des conditions d’acheminement (température, délais, notamment).

Les contrôles systématiques à pratiquer sous la responsabilité d’un microbiologiste sont les suivants :

  1. Examen physico-chimique

  2. Pour dépister une fraude au lait de vache, il est réalisé un test par immuno-précipitation avec un antisérum au lait de vache.

     

  3. Examens bactériologiques

Dans un premier temps, le lactarium réalise les examens bactériologiques du lait de la donneuse en groupant tous ses biberons en un même sous-lot numéroté. Chaque sous-lot, constitué pour une même donneuse, fait l’objet des examens bactériologiques. Si les résultats ne sont pas conformes, des analyses individuelles du lait de cette mère sont réalisées tout au long du don jusqu’à la normalisation bactériologique et, durant ce délai, ses dons sont détruits.

Ensuite, le lactarium regroupe en fonction des résultats tous les flacons de plusieurs donneuses dont les laits sont conformes aux normes bactériologiques citées plus loin. Les contrôles sont réalisés systématiquement sur chacun des lots ainsi constitués. Si un lot est contaminé, le lactarium recherche l’origine de cette contamination.

Méthodes :

  1. Evaluation de la flore aérobie à 37°C sur gélose au sang en utilisant une boîte par échantillon, avec ensemencement de 0,1 ml de lait dilué au 1/10 ou 0,01 ml de lait non dilué, ou en utilisant un ensemenceur automatique. Incubation pendant quarante-huit heures.

  2. Recherche et dénombrement de staphylococcus aureus sur milieu de Chapman en utilisant une boîte par échantillon, avec ensemencement de 0,1 ml de lait dilué au 1/10 ou 0,01 ml de lait non dilué, ou en utilisant un ensemenceur automatique. Incubation pendant quarante-huit heures.

Résultats :

En attendant les résultats de ces contrôles (physico-chimiques et bactériologiques), le lait est conservé à + 4° C pendant quarante-huit heures. Il est placé en quarantaine.

Les prélèvements sont non conformes et sont détruits si :

bullet

la flore totale aérobie à 37° C est supérieure ou égale à 106 germes par millilitre,

bullet

le nombre de staphylococcus aureus est supérieur à 104 germes par millilitre.

Les prélèvements de lait dont les résultats physico-chimiques et bactériologiques sont conformes au regard des conclusions précitées sont traités par pasteurisation dans les conditions définies ci-après.

Les prélèvements non conformes sont détruits, selon une procédure définie respectant la réglementation applicable à l’élimination des déchets potentiellement contaminés.

 

VII – La pasteurisation

Il s’agit d’une pasteurisation à basse température ; elle est faite selon les méthodes suivantes :

Si le nombre de bactéries est inférieur ou égal à 104 germes par millilitre, le lait est chauffé dans des flacons de verre ou de plastique par immersion pendant soixante minutes dans un bain-marie à + 58° C.

Si la flore totale est inférieure ou égale à 105 germes par millilitre de lait, une pasteurisation à + 63° C pendant trente minutes est réalisée.

Dans les deux cas, le lait est ensuite refroidi rapidement.

 

Le contrôle bactériologique après pasteurisation

Ce contrôle s’effectue par ensemencement de deux milieux :

Une boîte de PCA par ensemencement de 1 millilitre de lait non dilué et incubation à 30° C pendant quarante-huit heures.

Une boîte de gélose au sang par ensemencement de 0,1 ml de lait non dilué et incubation à 37° C pendant quarante-huit heures.

Tout lait dont le contrôle est positif est détruit.

 

VIII – Distribution et transport

Dans l’attente des demandes, le lait mélangé est conservé quarante-huit heures maximum à + 4° C au réfrigérateur. Au-delà de ce délai, il est congelé à – 18° C ou lyophilisé. Le lait est stocké dans des flacons portant l’identification du lactarium, la date de la pasteurisation et le numéro du lot et, éventuellement, la date limite d’utilisation.

Ce lait est distribué sur ordonnance médicale dans les centres de néonatologie, dans les services de pédiatrie et à des enfants dont l’état le justifie. Tout flacon ouvert est consommé dans la journée. Ces ordonnances médicales, rapportées à chaque lot de lait distribué, constituent la base du fichier des receveurs.

Le transport du lait, de son prélèvement à sa distribution, est assuré en respectant strictement la chaîne du froid.

IX – L’assurance de qualité

Tout lactarium dispose d’un système d’assurance de qualité basé sur des procédures opératoires écrites concernant le fonctionnement des lactariums.

Toute l’équipe du lactarium est concernée par ce système d’assurance de qualité, qui est placé sous l’autorité du médecin responsable du lactarium.

La qualité dépend de l’organisation générale du lactarium, de la qualification et de la motivation du personnel et du respect des procédures opératoires lors des différentes étapes.

Les procédures opératoires disponibles concernent notamment les points suivants :

Prélèvement du lait,

Conditions de transport,

Stérilisation et pasteurisation,

Contrôles,

Nettoyage des locaux et du matériel,

Nettoyage des réfrigérateurs.

 

X – L’archivage

Tous les documents sont conservés pour une durée de trente ans au lactarium, sous la responsabilité du médecin responsable.

      1. Documents concernant la donneuse

      2. Ces documents sont constitués par le dossier de la donneuse (voir glossaire).

         

      3. Documents concernant le lait distribué

Les documents concernant le lait distribué sont constitués par le dossier de lot.

Ce dossier de lot comporte :

  1. Documents montrant la constitution et les contrôles du lot de lait :

  2. Nombre de sous-lots constituant le lot,

    Résultats des contrôles physico-chimiques et bactériologiques avant pasteurisation ,

    Résultats du contrôle bactériologique après pasteurisation,

    Enregistrement des paramètres de pasteurisation et diagramme de lyophilisation.

  3. Documents montrant le devenir du lait :

Conservation, distribution sur place ou par un transporteur, destruction éventuelle,

Fichier des receveurs pour un lot déterminé.

 

Glossaire

1 – Assurance de qualité :

L’assurance de qualité est un large concept qui couvre tout ce qui peut, individuellement ou collectivement, influencer la qualité d’un produit. Elle représente l’ensemble des mesures prises pour s’assurer que le lait contrôlé ait la qualité requise pour l’usage auquel il est destiné.

 

2 – Don anonyme :

Don de lait d’une femme à un enfant qui n’est pas le sien.

3 – Dossier de la donneuse :

Comporte les éléments d’identification de la donneuse et l’ensemble des résultats des analyses biologiques et des tests de dépistage.

4 – Lot :

Quantité définie de lait préparé en une opération ou en plusieurs opérations, telle qu’elle puisse être considérée comme homogène. Sauf cas particulier, il est souhaitable que la taille du lot soit limitée à un volume d’un litre pendant une période déterminée.

5 – Sous-lot :

Dons provenant d’une même donneuse et destinés à entrer dans la composition d’un lot de lait mélangé.

6 – Dossier de lot :

Comporte toutes les informations relatives au traitement, au conditionnement et aux contrôles du lot préparé. Ce dossier porte le numéro du lot.

7 – Traçabilité :

Possibilité, à partir d’une identification enregistrée, de retrouver l’historique, l’utilisation ou la localisation d’un lait à toutes les étapes de sa collecte, de sa préparation et de sa distribution.

8 – Quarantaine :

Isolement physique ou par d’autres moyens efficaces des dons reçus et des laits traités dans l’attente d’une décision sur leur conformité ou leur non-conformité.

9 – Stérilisation :

Opération qui a pour but de priver un objet ou un produit des micro-organismes vivants qui le souillent.

10 – Pasteurisation :

Méthode de stérilisation par la chaleur discontinue permettant de tirer ou d’inhiber les micro-organismes dans un produit peu contaminé.

11 – Décontamination :

Opération ou résultat momentané permettant de tirer ou d’inhiber les micro-organismes indésirables en fonction des objectifs fixés.  

C’est le premier traitement à effectuer sur les objets et matériels souillés dans le but de diminuer la population de micro-organismes et de faciliter le nettoyage et la stérilisation ultérieurs.

 

 

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Circulaire DGS/SP 2 n° 97-785 du 16 décembre 1997

relative au don de lait personnalisé d'une mère à son enfant hospitalisé et rappel des dispositions en vigueur en matière d'allaitement maternel

 

NOR : MESP9730674C

(Texte non paru au Journal officiel)

 

Date d'application : immédiate.

 

Références : loi n° 93-121 du 27 janvier 1993, décret n° 92-143 du 14 février 1992, arrêté du 10 février 1995 auquel est annexé un guide de bonnes pratiques de fonctionnement des lactariums ;

 

Textes abrogés ou modifiés : circulaire n° 698 du 13 novembre 1996 (abrogation).

 

La ministre de l'emploi et de la solidarité à Mesdames et Messieurs les préfets de région (directions régionales des affaires sanitaires et sociales [pour information]) ; Mesdames et Messieurs les préfets de département (directions départementales des affaires sanitaires et sociales [pour exécution]) En application de l'article L. 184 du code de la santé publique, la collecte du lait humain doit se faire dans le cadre d'un lactarium, notamment à des fins de contrôle de qualité. L'arrêté du 10 février 1995, auquel est annexé un guide de bonnes pratiques, fixe les conditions de fonctionnement technique des lactariums.
Le don de lait d'une mère à son enfant hospitalisé est réglementé par la circulaire n° 698 du 13 novembre 1996. Les difficultés rencontrées par les chefs de service de néonatologie et de réanimation néonatale nous conduisent à proposer un protocole plus adapté au cas précis de ce don de lait personnalisé. Enfin il est fait un rappel de principe des sérologies à effectuer pour une femme enceinte qui a l'intention d'allaiter son enfant au sein.


I. - MESURES APPLICABLES SI LE LAIT EST PRÉLEVÉ DANS LE SERVICE DE NÉONATOLOGIE OU AU DOMICILE DE LA MERE ET S'IL EST DONNÉ A L'ENFANT DANS UN DÉLAI EXCÉDANT DOUZE HEURES

 

1.1. Les examens sérologiques

Les tests de dépistage de maladies transmissibles qui doivent être obligatoirement effectués chez la mère sont les mêmes que dans le cas des dons de lait anonymes, à savoir :

·         détection des anticorps direction 1 et direction 2 ;

·         détection des anticorps direction 1 et direction 2 (seulement pour une population à risques : Caraïbes, Afrique noire, Japon, Asie du Sud-est) ;

·         détection de l'antigène direction ;

·         détection des anticorps anti - direction

Si le ou les tests précédents qui n'ont pas été réalisés pendant la grossesse doivent être effectués avant toute administration du lait à l'enfant.

 

1.2. Les conditions de recueil du lait

Le personnel du service de néonatologie ou de réanimation néonatale indique à la mère les précautions à prendre en vue de recueillir et de transporter son lait dans les meilleures conditions d'hygiène. Elle peut garder pendant vingt-quatre heures le lait recueilli dans le réfrigérateur et ensuite le congeler.

 

1.3. Les contrôles bactériologiques

Les examens bactériologiques peuvent être faits en groupant tous les biberons apportés par la mère. Les examens bactériologiques suivants doivent être effectués :

a) Evaluation de la flore aérobie à 37° C sur gélose au sang en utilisant une boîte par échantillon avec ensemencement de 0,1 ml de lait dilué au 1/10 ou 0,01 ml de lait non dilué ou en utilisant un ensemenceur automatique. Incubation pendant quarante-huit heures.
b) Recherche et dénombrement de direction aureus sur milieu de Chapman en utilisant une boîte par échantillon, avec ensemencement de 0,1 ml de lait dilué au 1/10 ou 0,01 ml de lait non dilué ou en utilisant un ensemenceur automatique. Incubation pendant quarante-huit heures.

 

Les dons de laits non conformes sont détruits si :

La flore totale aérobie à 37° C est supérieure ou égale à 106 germes par millilitre ;

Le nombre de staphylococcus aureus est supérieur à 104 germes par millilitre.

 

1.4. La pasteurisation

Il s'agit d'une pasteurisation à basse température selon les méthodes suivantes :

·         si le nombre de bactéries est inférieur ou égal à 104 germes par millilitre, le lait est chauffé dans des flacons de verre ou de plastique par immersion pendant soixante minutes dans un bain-marie à + 58° C ;

·         si la flore totale est inférieure ou égale à 105 germes par millilitre de lait, une pasteurisation à + 63° C pendant trente minutes est réalisée.

Dans les deux cas, le lait est ensuite refroidi rapidement.

1.5. Le contrôle bactériologique après pasteurisation

Ce contrôle s'effectue par ensemencement de deux milieux :

·         une boîte de PCA par ensemencement de 1 ml de lait non dilué et incubation à 30° C pendant quarante-huit heures ;

·         une boîte de gélose au sang par ensemencement de 0,1 ml de lait non dilué et incubation à 37° C pendant quarante-huit heures.

Tout lait dont le contrôle est positif est détruit. Le lait est conservé quarante-huit heures maximum à + 4° C au réfrigérateur. Au-delà de ce délai, il est congelé à - 18° C.

 

II. - LES MESURES APPLICABLES SI LE LAIT EST PRÉLEVÉ DANS LE SERVICE DE NÉONATOLOGIE OU AU DOMICILE DE LA MERE ET S'IL EST DONNÉ DANS UN DÉLAI INFÉRIEUR A DOUZE HEURES

 

2.1. Les examens sérologiques

Lorsque le lait est prélevé dans le service de néonatologie ou au domicile de la mère et donné dans un délai inférieur à douze heures, il convient de vérifier que les tests sérologiques précédemment énoncés ont bien été effectués. Dans le cas où ces tests n'ont pas été effectués pendant la grossesse, ils doivent être faits avant toute administration de lait à l'enfant.

 

2.2. Les conditions de recueil du lait

Le personnel du service de néonatologie ou de réanimation néonatale indique à la mère les précautions à prendre en vue de recueillir et de transporter son lait dans les meilleures conditions.

 

2.3. Les contrôles bactériologiques

Si les conditions d'hygiène ont été parfaitement respectées lors du recueil et du transport éventuel (chaîne du froid), le lait peut être donné directement à l'enfant sans contrôles bactériologiques et pasteurisation préalable.

Le lait d'une mère donné à son propre enfant ne doit être mélangé avec aucun lait d'une autre mère.

 

III. - RAPPEL DES DISPOSITIONS EN VIGUEUR EN MATIERE D'ALLAITEMENT MATERNEL AU SEIN

 

Il est rappelé que les sérologies à proposer aux femmes enceintes en cours de grossesse, et en particulier celles qui ont l'intention d'allaiter, sont les suivantes :

·         détection des anticorps direction 1 et VIH 2 (loi n° 93-121 du 27 janvier 1993) ;

·         détection des anticorps direction 1 et direction 2 (pour les populations à risques) ;

·         détection de l'antigène direction (décret n° 92-143 du 14 février 1992) ;

·         détection des anticorps direction Ce test est recommandé chez les femmes qui présentent un facteur de risque (lettre du directeur général de la santé du 5 février 1996).

Il est également rappelé que la prise en charge à 100 % des frais afférents à la grossesse intervient à compter du sixième mois de grossesse, soit au moment du quatrième examen prénatal.

*
* *

Je vous demande de bien vouloir prendre les dispositions pour que les recommandations de sécurité relatives à l'allaitement maternel soient portées à la connaissance des chefs de service de néonatologie et de réanimation néonatale et de m'indiquer éventuellement les difficultés que vous pourriez rencontrer pour l'application de la présente circulaire.

 

 

 

Le directeur général de la santé,

 

 

 

 

 

Professeur J. Ménard

 

 

 

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JORF n°0070 du 24 mars 2009

 Texte n°10

 ARRETE

Arrêté du 18 mars 2009 relatif au prix de vente et au remboursement par l’assurance maladie du lait humain

 

NOR: SASS0905616A

  

La ministre de la santé et des sports et le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique,

 Vu le code de la santé publique, notamment ses articles L. 2323-1 et R. 2323-4 ; 

Vu le code de la sécurité sociale, notamment ses articles L. 164-1 et R. 164-1 ;

 Vu l’arrêté du 1er février 2002 fixant le prix de vente et de remboursement du lait humain,

 Arrêtent : 

  

Article 1

Le prix de vente du lait humain recueilli et traité dans les lactariums est fixé à 80 euros le litre pour le lait frais ou congelé et à 133 euros les 100 grammes pour le lait lyophilisé. 

 Article 2  

Le tarif limite de remboursement des organismes de sécurité sociale pour la fourniture de lait humain est fixé à 80 euros pour le litre de lait frais ou congelé et à 133 euros pour les 100 grammes de lait lyophilisé. 

 Article 3

Le directeur général de la santé et le directeur de la sécurité sociale sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française. 

  

Fait à Paris, le 18 mars 2009. 

 

 

 La ministre de la santé, de la jeunesse, 

des sports et de la vie associative, 

Pour la ministre et par délégation : 

  Le sous-directeur                                                                                                                                                           La sous-directrice 

   du financement                                                                                                                                                      de la politique des pratiques

du système de soins,                                                                                                                                                    et produits de santé, 

   J.-P. Vinquant                                                                                                                                                                   C. Lefranc 

 

 

 

 

Le ministre du budget, des comptes publics 

et de la fonction publique, 

Pour le ministre et par délégation : 

Le sous-directeur 

du financement 

du système de soins, 

J.-P. Vinquant 

 

 

 

  

 

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JORF n°0073 du 27 mars 2008

 texte n° 48

 ARRETE

 Arrêté du 20 mars 2008 relatif au prix de vente et au remboursement par l’assurance maladie du lait humain

 NOR: SJSS0807176A

 

La ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative et le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique, 

Vu le code de la santé publique, notamment ses articles L. 2323-1 et R. 2323-4 ; 

Vu le code de la sécurité sociale, notamment ses articles L. 164-1 et R. 164-1 ; 

Vu l’arrêté du 1er février 2002 fixant le prix de vente et de remboursement du lait humain, 

Arrêtent : 

 

Article 1

 

Le prix de vente au public du lait humain lyophilisé est fixé à 133 euros pour les 100 grammes. 

 

Article 2

 

Le tarif limite de remboursement des organismes de sécurité sociale pour la fourniture de lait humain lyophilisé est fixé à 133 euros pour les 100 grammes. 

 

Article 3

 Le présent arrêté est applicable jusqu’au 31 décembre 2008. A compter du 1er janvier 2009, les prix de vente au public et tarif limite de remboursement applicables sont ceux prévus par l’arrêté susvisé du 1er février 2002. 

 

 Article 4

 Le directeur général de la santé et le directeur de la sécurité sociale sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française. 

 

Fait à Paris, le 20 mars 2008. 

 

 La ministre de la santé, de la jeunesse, 

des sports et de la vie associative, 

Pour la ministre et par délégation : 

  Le sous-directeur                                                                                                                                                           La sous-directrice 

   du financement                                                                                                                                                      de la politique des pratiques

du système de soins,                                                                                                                                                    et produits de santé, 

   J.-P. Vinquant                                                                                                                                                                   C. Lefranc 

 

 

 

 Le ministre du budget, des comptes publics 

et de la fonction publique, 

         Pour le ministre et par délégation : 

Le sous-directeur 

du financement 

du système de soins, 

J.-P. Vinquant 

  

 

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Arrêté du 1er février 2002

 

fixant le prix de vente et de remboursement du lait humain

NOR: MESP0220419A


La ministre de l'emploi et de la solidarité et le ministre délégué à la santé,
Vu le code de la santé publique, et notamment l'article L. 2323-1 ;
Vu le code de la sécurité sociale, et notamment les articles L. 164-1 et R. 164-1,
Arrêtent :

 

Article 1

A compter du 1er décembre 2001, le prix de vente du lait humain recueilli et traité dans les lactariums est fixé à 62,50 EUR le litre pour le lait frais ou congelé et à 106,11 EUR les 100 grammes pour le lait lyophilisé.

 

Article 2

Le tarif limite de remboursement des organismes de sécurité sociale pour la fourniture de lait humain est fixé à 62,50 EUR pour le litre de lait frais ou congelé et à 106,11 EUR pour les 100 grammes de lait lyophilisé.

 

Article 3

L'arrêté du 30 novembre 2001 modifiant l'arrêté du 14 août 1997 fixant le prix de vente et de remboursement du lait humain est retiré.

 

Article 4

L'arrêté du 19 juin 1998 fixant le prix de vente et de remboursement du lait humain est abrogé.

 

Article 5

Le directeur général de la santé et le directeur de la sécurité sociale sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

 


Fait à Paris, le 1er février 2002.

 

 


La ministre de l'emploi et de la solidarité,
Élisabeth Guigou



Le ministre délégué à la santé,
Bernard Kouchner

 

 

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